Critique presse

Le 16/12/2018

Ce n’est pas si souvent que la salle du cinéma l’Ermitage connaît pareille affluence. Deux cent soixante personnes environ sont venues assister, mardi soir, à la projection en avant-première du film de Nicolas Ferran et Samuel Gautier, À l’air libre.

Bien plus qu’un simple documentaire, ce film est un véritable plaidoyer pour l’alternative à la prison. Tourné à la ferme de Moyembrie, à Coucy-le-Château, une structure unique en France, ce film mêle émotion et révolte.

Créée au début des années 90 par un ancien ingénieur agronome et visiteur de prison, Jacques Pluvinage et son épouse, la ferme de Moyembrie accueille des détenus en fin de peine. Aujourd’hui gérée par quelques salariés et des bénévoles, la structure associative offre à ses résidents la possibilité de se réadapter à la vie, après des peines d’emprisonnement parfois longues et « destructrices et désociabilisantes ». Moyembrie n’est pas un lieu de réinsertion, mais bien un endroit où l’on va « pour sortir de prison, mais aussi par peur de sortir de prison ».

En réalisant ce film, Nicolas Ferran et Samuel Gautier ont voulu et réussi à montrer que l’emprisonnement n’est pas forcément la seule solution pour ramener quelqu’un qui a fauté dans le droit chemin. Ce film a pour but d’attirer l’attention des services de justice notamment, sur la nécessité de réfléchir à la mise en place de structures alternatives comme la ferme de Moyembrie.

Le sujet a suscité un vif intérêt du public. Après la projection, un débat s’en est suivi avec les deux réalisateurs, mais aussi Michèle Dufour, bénévole de la structure. Ils ont répondu aux questions sur le système judiciaire et carcéral, sur le fonctionnement de la ferme de Moyembrie, ou encore sur les financements de ces initiatives associatives qui se révèlent moins onéreuses que l’emprisonnement.

Source : L'Aisne Nouvelle